Françoise Lorcerie, Liberté d’expression, j’écris ton nom

Françoise Lorcerie : Liberté d’expression, j’écris ton nom

En ces lendemains d’hommage à Samuel Paty, il est bien tôt pour demander au lecteur d’écarter l’émotion suscitée par le crime et de mener une réflexion sur le point de départ scolaire du drame. Ce qui s’est passé au collège ne fut que le prétexte du crime. Pourtant c’est important de tenter de pousser la réflexion à ce sujet. Nombreuses sont les classes et nombreux les INSPE où un travail s’engage et va se poursuivre, avec les encouragements du ministre, autour de la liberté d’expression et de la laïcité. Il est plus que jamais nécessaire de cerner les enjeux d’un tel travail. Michel Crozier disait qu’en France les problèmes se résolvent grâce aux crises, en particulier à l’école. Ce pourrait être le cas avec la crise que nous traversons.

 

Il va bien falloir s’interroger sur l’enseignement de la liberté d’expression. Samuel Paty est mort pour avoir fait un cours sur la liberté d’expression, un cours qui a fait jaser les élèves après la classe. Laissons la justice définir au plan pénal l’engrenage fatal. Le drame oblige à poser la question des contenus et des supports de cet enseignement, et la question de ses méthodes. Il pousse dès lors à relire le programme d’enseignement moral et civique de 4ème, dans lequel s’inscrivait de cours de Samuel Paty, et à rouvrir la question de la mise en œuvre de ce programme.

La liberté d’expression est un pilier central de tout régime démocratique. Pour son cours, le professeur avait choisi de s’appuyer sur une fiche publiée par l’association Dessinez Créez Liberté (DCL), association soutenue par les ministères de l’Education nationale et de la Culture, la DILCRAH, Canopé, le Clemi, la BNF, l’AFP, etc. Cette association s’est donné pour mission, explique son site, d’« initier la jeunesse au dessin de presse –en particulier à la satire et la caricature– et [d’]offrir au plus grand nombre (enseignants, animateurs jeunesse, bibliothécaires, éducateurs, personnel pénitentiaire, etc.) des outils pédagogiques originaux pour ouvrir les débats et aborder les thématiques qui font l’actualité et agitent la société ». Ceci, ajoute le site, « sans tabou ni démagogie, ni frilosité intellectuelle ».

Dans le site de DCL, un onglet s’intitule « Nos fiches, décryptage ». La fiche dont s’est servi Samuel Paty est celle qui apparaît en premier. Elle a pour titre « Religion & caricature de Mahomet », et pour mots-clés : « Liberté d’expression. Liberté de conscience. Blasphème. Islamisme. ». On comprend qu’on peut s’en servir pour travailler la liberté d’expression et ses liens avec la liberté de conscience avec des élèves, des jeunes, des détenus éventuellement (l’éventail des publics auxquels DCL entend s’adresser). Les deux thèmes «blasphème» et « islamisme » ne sont pas sur le même plan que les deux premiers. S’il s’agit bien de valoriser la liberté d’expression et la liberté de conscience, il ne s’agit pas de célébrer le blasphème ou l’islamisme. Il s’agit, peut-on supposer, de faire réfléchir à leurs rapports avec les principes de liberté d’expression etliberté de conscience. Le blasphème, n’ayant pas d’existence en droit, il n’est ni interdit ni préconisé, et la fiche veut jouer de cette latitude. Quant à « l’islamisme », c’est selon la fiche, une façon d’« instrumentalis[er] la religion pour mieux faire taire les libertés démocratiques », et la fiche veut s’y attaquer.

Le dessin principal est une caricature signée de Coco, dessinatrice rescapée du massacre de l’équipe de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Il est daté de 2012. Il montre « Mahomet» prosterné dans la position de la prière musulmane, pieds, genoux et avant-bras à terre. Le personnage est dessiné nu à l’exception de son turban, et vu de dos légèrement de côté, depuis le niveau du sol. Son postérieur est donc au premier plan avec ses testicules et son pénis dont s’échappe une goutte. L’anus est caché par une étoile à cinq branches jaune (la seule couleur), qui renvoie au titre du dessin : « Mahomet : une étoile est née !». Le dessin est obscène et attaque avec virulence le personnage central de l’islam.

Le commentaire laisse totalement de côté ces caractères saillants, pour traiter des choix graphiques et l’intention de la dessinatrice. Coco, nous dit-on, s’est inspirée d’un film non diffusé en France, d’où l’étoile qui rappelle Hollywood, et le titre du dessin. Sur le fond, la dessinatrice « vient réaffirmer son droit d’exercer sa liberté de conscience ». Elle s’inscrit dans une tradition de la caricature caractérisée par « la sexualisation outrancière et la grivoiserie, ces jubilations de l’excès qui malmènent, à dessein, les puritanismes en tout genre». La « transgression » portée par le dessin, souligne le commentaire, est protégée par la loi : « Les limites à la liberté d’expression ne se déterminent pas en fonction de ce qui plaît ou déplaît à une personne ou à un groupe. La loi protège des citoyens, pas des mythes : on peut rire des religions, de leurs dogmes et de leurs porte-parole, mais on ne peut pas appeler à la haine contre les croyants. »

Est-ce suffisant pour que le dessin soit mis en avant dans le site DCL, accompagné d’une fiche qui vante son potentiel pédagogique dans un travail sur la liberté d’expression et la liberté de conscience ? C’est discutable. D’autant que la fiche n’évite pas les biais de raisonnement. Ainsi est-il dit qu’en représentant « Mahomet », le dessin transgresse un interdit de figuration qui ne concerne que « certains musulmans », sous-entendu les plus rigoristes, car il y a eu des figurations du prophète dans le chiisme jusqu’au XIX°s. Certes, mais ces représentations sont codifiées, tout comme les figures saintes des vitraux des cathédrales. Elles ne traitent en aucun cas Mohammed comme un homme ordinaire, encore moins comme un être lubrique singeant la posture de la prière. Il n’est pas un musulman qui ne soit pas profondément troublé par le dessin. Et même, probablement, les croyants de quelque religion qu’ils soient, sinon au-delà. Ce dessin pratique l’« offense charitable », dit plaisamment François Héran. Il choque, et pas seulement les « islamistes » désignés comme les cibles nominales de l’attaque, mais c’est pour le bien de ceux qu’il choque.

Intentionnellement ou non, la fiche joue aussi du sous-entendu, et toujours dans le même sens. Continuons la lecture : « Avec ce dessin, elle [Coco] rappelle que les religions n’ont pas à jouir d’un statut à part, d’un traitement de faveur ou d’une exception qui les placeraient hors du champ de la critique, de l’humour ou de la polémique ». Jusqu’ici tout va bien. La fiche enchaîne comme pour expliciter : « Respecter un croyant, c’est lui laisser la liberté de croire et de pratiquer sa religion. Respecter un non-croyant, un athée ou un agnostique, c’est lui laisser la liberté de ne pas croire, de critiquer et de rire des religions, de railler et de dénoncer ceux qui tuent au nom de celles-ci. » On relit. C’est bien cela : dénoncer ceux qui tuent au nom des religions est une « liberté », et c’est l’apanage du non-croyant. A contrario, comprend-on, le croyant, lui, n’a pas la liberté de dénoncer ceux qui tuent au nom de la religion. De musulman à terroriste…

La fiche flirte ainsi avec l’amalgame. Elle ne parait pas très adaptée à l’enseignement de la liberté d’expression au collège, c’est le moins qu’on puisse dire. Le dessin est grossier à dessein, violemment anti-musulman. Le texte est biaisé, également anti-musulman.

Est-ce à dire que la fiche « Religion & caricature de Mahomet » viole la neutralité religieuse à laquelle l’école est tenue au titre même de la laïcité ? Pas forcément. Mais à une condition absolument nécessaire : que son exploitation en classe respecte pleinement la dignité des individus qui se sentent attaqués par la caricature et par le commentaire. Que leur soit donnée en classe la liberté de parler de l’offense qui leur est faite, avec toute l’aide qui peut être nécessaire. Le sacrilège n’a pas d’existence dans le droit français. Mais il existe subjectivement pour certains membres de la société, et c’est bien ceux que vise le dessin. La laïcité de l’Etat non seulement protège le sentiment des individus ainsi attaqués, mais elle leur accorde le droit de le dire publiquement (« droit » a ici le sens de latitude). Y compris à l’école. En France, et à l’école, on peut aimer les caricatures de «Mahomet », c’est ce que fait l’association DCL. On peut ne pas les aimer, mais les défendre, comme dit le gouvernement aujourd’hui. On peut aussi ne pas les aimer et ne pas les défendre, les déplorer ou encore les critiquer, – tout cela dans le respect de l’ordre scolaire.

Mieux : la neutralité de l’école impose d’équilibrer les points de vue. Il est déontologiquement interdit de mener une activité pédagogique qui se place exclusivement du point de vue de l’athéisme combatif, sans faire une place aux autres points de vue et notamment au point de vue des personnes qui se savent attaquées. C’est ce qu’a essayé de faire Samuel Paty en offrant aux élèves qui le voulaient de détourner leur regard ou de sortir. C’est d’ailleurs prévu dans le standard pédagogique de DCL.L’association revendique dans sa page d’accueil, une approche en quatre temps, ainsi décrite :

  1. « Phase d’observation attentive et de description détaillée : que voit-on sur ce dessin ?
  2. Phase de recontextualisation : à quoi le dessinateur fait-il référence ? De quelles actualités traite-t-il ?
  3. Phase d’interprétation : quelles sont les intentions du dessinateur ? Que veut-il nous dire ?
  4. Phase de positionnement personnel et d’argumentation qui permet d’enclencher les débats : êtes-vous d’accord avec ce dessin ? Pourquoi ? »

La fiche « Religion & caricature de Mahomet », on l’a vu, couvre les trois premiers temps. Le quatrième n’est pas mentionné. Or ce quatrième temps est décisif dans la perspective d’une formation de tous les élèves à la liberté d’expression. Plus largement même : ce temps d’échange et de discussion entre les élèves, régulé par un professeur neutre et bienveillant, est décisif pour la formation morale et civique des jeunes, si l’on en croit le programme d’Enseignement moral et civique (EMC), implanté à tous les niveaux scolaires depuis la rentrée 2015. Sa première finalité énoncée est « Respecter autrui », avec ces attendus : « Respecter autrui, c’est respecter sa liberté, le considérer comme égal à soi en dignité, développer avec lui des relations de fraternité. C’est aussi respecter ses convictions philosophiques et religieuses, ce que permet la laïcité ».

L’enjeu étant la formation, à l’école et grâce à l’école, d’une société inclusive où chacun ait sa place, il est vital que les enseignants puissent concrétiser cette finalité. Hélas, les documents d’accompagnement de ces programmes novateurs ne sont pas publiés.

Françoise Lorcerie

CNRS-Aix-Marseille Université

A propos de la réunion des référents valeurs de la République, la démonstration de Françoise Lorcerie.

 

Christian Salenson, Liberté d’expression et révélation chrétienne

Aux Amis de la Communion Tibhirine 

Et du Département sur les religions à l’Ecole

Liberté d’expression et révélation chrétienne

Ces quelques lignes sont une réflexion personnelle sur la liberté d’expression dans le contexte actuel avec une question : en quoi la révélation chrétienne vient éclairer la liberté d’expression et son usage ?    

A-t-on le droit de représenter le Prophète et de le caricaturer ? La réponse est oui. Il n’y a pas de limite à la liberté d’expression, pas plus d’ailleurs qu’à la liberté de conscience ou à la liberté religieuse, à cause même de la nature de la liberté. La liberté est en soi sans limite. La révélation chrétienne fonde la liberté en Dieu lui-même. Dieu nous veut libres comme lui, autant dire une liberté infinie. Et si le Christ nous a libérés c’est pour que nous soyons vraiment libres Gal 5, 1. La liberté n’est pas un moyen, elle est une fin. 

Mais quel est son fondement ? On peut s’inspirer du débat qui eut lieu au concile Vatican II à propos de la liberté religieuse. D’aucuns disaient que la liberté religieuse est un droit civique. Mais cette opinion parut insuffisante pour fonder la liberté religieuse. Elle ne se fonde pas sur le droit, elle est une exigence irréductible de la dignité de la personne humaine. Avant d’être un droit, elle est une caractéristique de la personne humaine Elle est donc absolue, à tel point que chacun doit suivre les dictées de sa conscience fusse au risque d’être dans l’erreur. Il semble que nous pouvons dire la même chose pour la liberté d’expression. Elle n’est pas seulement un droit civique, mais elle est fondée sur la dignité de la personne humaine à qui on ne peut enlever a priori la possibilité de s’exprimer librement. De même qu’à cause de son fondement dans la dignité de la personne, la liberté religieuse ne peut être limitée, de même la liberté d’expression ne peut être limitée a priori. De même que la liberté religieuse ne s’évalue pas à partir de contenus de croyances, de même la liberté d’expression ne dépend pas de ce qui est exprimé. 

            La liberté ne va jamais sans soulever des débats, souvent avec le projet, avoué ou non, de la restreindre. Jésus a été un homme libre. Lui-même s’est vu reprocher sa trop grande liberté de parole et d’action, sa liberté affichée par rapport à Dieu, par rapport au Sabbat ou par rapport à la nourriture. Il a été accusé de blasphème et ce fut un élément du procès qui le conduisit à la mort. Les « justes » qui l’accusèrent de blasphème furent ceux qui le conduisirent à la mort. Cherchez l’erreur ! Qui peut s’arroger le droit de décider ce qu’est un blasphème ? 

Peut-on utiliser la caricature ? On peut donc caricaturer une religion, ou ses représentants sans limites a priori. La caricature elle-même est une forme de langage qui a son intérêt propre. En caricaturant on peut faire passer des messages. Le rire est un formidable moyen pour dénoncer des maux.  Rirum castigat mores (le rire corrige les mœurs) disaient les anciens. En soi ce langage, pour dérangeant qu’il soit quand on est visé par la critique, n’a rien de répréhensible, restant sauf sa qualité graphique et la qualité de son message. Ce qui n’est pas toujours le cas. Il y a de bonnes caricatures et de nettement moins bonnes. On peut estimer que celle représentant le prophète éploré de devoir supporter des terroristes qui se prétendent musulmans n’est pas dénuée de sens et bien des musulmans peuvent adhérer au message même s’ils ne souscrivent pas à la forme. 

La question alors se pose de savoir si on peut représenter le Prophète ? Cette question se pose pour ceux qui sont musulmans. Elle ne se pose pas pour les autres qui ne sont pas tenus par un lien particulier avec le Prophète. Par ailleurs les musulmans qui connaissent l’histoire de leur religion savent que la tradition musulmane, en d’autres temps et en d’autres lieux ne s’est pas privée de le représenter. Ils savent aussi que le Coran lui-même, loin de sacraliser le prophète, restreint sa place et son rôle et appelle les croyants de l’islam à éviter cette dérive eu égard à l’unique absolu du Dieu.   

Donc tant du point de vue de la liberté, du langage de la caricature que de la révélation coranique, rien ne s’oppose à caricaturer le Prophète. Rappelons encore une fois que la liberté est toujours absolue dans son principe dès lors qu’elle est fondamentale. 

Faut-il pour autant l’imposer à la vue de tout le monde ? Celui qui achète Charlie Hebdo assume le fait de voir des caricatures. Mais personne n’a le droit d’imposer à qui que ce soit de les regarder en les projetant publiquement comme ce fut le cas à Montpellier, en pleine rue. La liberté de voir ou de ne pas voir doit être totale au même titre que celle de caricaturer. Et donc c’est une atteinte grave à la liberté que d’imposer à quelqu’un de regarder une caricature qu’il n’a pas envie de voir. 

Mais il y a un autre critère qui peut nous guider. Je l’emprunte à Saint Paul dans la querelle dite des idolothytes. Rappelons le contexte. Les juifs devenus chrétiens étaient absolument choqués, à un point qu’on ne peut imaginer, que d’autres chrétiens consomment des viandes qui comme toutes les viandes dans l’Empire, à l’exception de celle que consommaient les juifs, avaient été tuées en l’honneur des dieux avant d’être mises sur les étals du marché. Cela créait une crise dans la communauté de Corinthe. On demande l’avis de Paul et que dit-il ? 

Son argumentation est claire. Elle peut se résumer en quelques mots. Elle s’adresse aux chrétiens venus du paganisme. Vous êtes libres de manger de tout ce que vous voulez et donc aussi des viandes qui proviennent de sacrifices offerts à des idoles. On aurait pu imaginer qu’il mette des réserves à cause de risques de compromission avec les rites païens. Nullement ! Ne vous posez pas de question à propos d’idoles qui de toutes façons pour vous n’existent pas ! Vous êtes des forts. Vous avez la connaissance et cette connaissance est double : Les idoles n’existent pas et Jésus nous a libérés. Donc vous avez le droit. Mais « que votre droit de devienne pas une pierre d’achoppement pour les faibles ». 1 Cor 8, 9. Tu risques de heurter la conscience de celui qui est d’une autre culture que toi et qui va te voir attablé dans une des salles du temps à festoyer avec tes amis. Et donc par motif d’amour du prochain tu dois éviter de le choquer. Tu peux manger ce que tu veux mais tu dois veiller à ne pas blesser ton frère, et à ne pas le fragiliser, etc. 

Il me semble qu’en raisonnant ainsi Paul garantit la totalité de la liberté. Nous pouvons manger, boire, regarder ou dessiner tout ce que nous voulons. Aucune restriction à la liberté qui par nature est infinie car elle est un attribut de Dieu. Dans la pratique nous devons juste veiller à tenir compte de notre propre faiblesse et surtout à ce que l’autre, l’autre croyant, le frère ne soit pas fragilisé dans sa foi. Pour la question de la liberté d’expression, il en va de même. Elle est totale et personne ne peut a priori la restreindre. Nous pouvons caricaturer qui nous voulons, y compris les religions, y compris la notre. Nous devons juste veiller dans la pratique à ce que notre attitude et l’orgueil que nous aurions à l’afficher ne vienne pas fragiliser des frères. Cela s’appelle le discernement. « Tout est possible mais tout n’est pas profitable » 1 Cor 6, 12.

                                                                                   Christian Salenson

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FICHE DE LECTURE, Isabelle Saint-Martin, Peut-on parler des religions à l’école ?

Fiche de lecture

Isabelle Saint-Martin « Peut-on parler des religions à l’école ? »

L’auteure : Isabelle Saint-Martin est directrice d’études à l’EPHE (section des Sciences religieuses). Elle a dirigé l’Institut Européen en Sciences des Religions de 2011 à 2018. Depuis le rapport Debray, elle s’est impliquée dans les formations sur l’enseignement des faits religieux et sur la place des religions dans le cadre de la laïcité française. En 2018, elle a co-dirigé la rédaction de l’ouvrage « Faits religieux et Manuels d’histoire » aux éditions de L’arbre bleu.

L’objectif du livre : Dans le contexte du débat actuel sur la laïcité, Isabelle Saint-Martin analyse les conditions d’un enseignement des faits religieux à l’école. A cet égard, l’ouvrage peut être considéré comme un passionnant manuel à l’usage des enseignants et de tous les acteurs de l’école (publique et privée).

La problématique : « En quoi parler des faits religieux n’est pas une entorse à la laïcité mais la pleine mise en œuvre d’un enseignement qui ne s’interdit aucun champ du savoir », « Comment s’y prendre pour préserver la neutralité de l’enseignement sans esquiver le propos par des stratégies de contournement ? » (p.13). Pour répondre à ces questions difficiles qu’elle analyse en détail, Isabelle Saint-Martin choisi d’exploiter l’histoire de l’art. De son point de vue, cet angle présente le double avantage d’être interdisciplinaire et de passer par la sensibilité pour faire comprendre la laïcité.

Le plan : L’ouvrage est composé de 5 chapitres.

  • Chapitre 1 : De l’histoire des religions à l’approche laïque des faits religieux.

Après avoir rappelé que le thème de la religion à l’école est ravivé par les attentats de 2015 et 2016, l’auteure reconstruit l’histoire de cette question. Trois périodes sont clairement identifiées. De 1881-1882 à 1980, la religion est marginalisée dans l’école, voire évacuée (p. 26). Au début des années 80 et jusqu’au rapport Debray (2002), le système éducatif prend peu à peu la mesure des effets pédagogiques et sociaux de l’inculture religieuse (p. 31). Le rapport Debray de 2002 inaugure une nouvelle manière d’aborder le problème. En rentrant par le « fait » religieux l’Éducation Nationale réalise sa mission formative et s’interdit en même temps tout jugement de valeur en ne travaillant que le « phénomène religieux » (p.37).

  • Chapitre 2 : Objectifs et critiques, les arguments en présence.

Le fait de proposer un enseignement des faits religieux cherche à atteindre un double objectif : étendre les connaissances et renforcer les compétences des élèves dans une société multiculturelle (p.47). Dans un premier temps, Isabelle Saint-Martin analyse les différentes positions sur le contenu d’un tel enseignement. Elles se répartissent entre ceux qui le trouvent superficiel (voire risqué) et ceux qui en regrettent la pauvreté car oublieux du sens du religieux (p.50). Dans un second temps, l’auteure montre qu’en contextualisant les phénomènes religieux et en apprenant à dissocier le discours symbolique du discours scientifique, l’école construit les conditions d’une citoyenneté plurielle (p.55). Enfin, l’enseignement des faits religieux, parce qu’il génère du débat, doit favoriser la construction d’un « respect mutuel » des différents convictions (p.59).

  • Chapitre 3 : État des lieux, méthodes et contenus.

En refusant de créer un enseignement dédié des faits religieux mais en choisissant de les intégrer dans diverses disciplines, l’Éducation Nationale permet leur contextualisation.  Isabelle Saint-Martin analyse d’abord rapidement la place des faits religieux dans les nouveaux programmes de l’école au lycée (p.67 à 75). Puis, dans une lecture critique plus approfondie, elle développe la manière dont les manuels abordent les trois principales religions : la Bible (p.79), le judaïsme (p.80), l’islam (p.81), le christianisme (p.84). Ensuite, elle s’attarde sur quelques limites de l’économie actuelle des programmes : les difficultés à expliquer l’évolution des systèmes religieux (p.85), celles liées à la différenciation entre les discours scientifiques et religieux (p.88), le paradoxe d’avoir à enseigner les faits religieux dans une société de plus en plus sécularisée (p.92). Enfin, elle s’interroge sur les différentes sensibilités des partisans de cet enseignement : ceux qui veulent utiliser l’histoire pour « mettre à distance les croyances » (p.98) afin de renforcer la capacité critique des élèves et ceux qui, s’éloignant de l’histoire, privilégient une approche phénoménologique plus ouverte à l’interreligieux (p.99).

  • Chapitre 4 : Du bon usage des œuvres d’art

L’auteure, rappelant le déficit culturel des jeunes générations en mal d’interprétation symbolique, propose de questionner le fait religieux à partir des œuvres d’art. Car, en effet, le constat est sans appel : sans références, nombre d’élèves ne peuvent identifier le sens d’une œuvre ni les contextes symboliques et intellectuels de leur production (p.113). Or, selon le B.O. n° 32 du 28 août 2008, l’objectif de l’histoire des arts consiste à « donner à chacun une conscience commune : celle d’appartenir à l’histoire des cultures et des civilisations, à l’histoire du monde » (p.115). Il s’agit donc bien d’exploiter l’histoire des arts pour conduire les jeunes à partager un patrimoine commun, éventuellement spirituel, ainsi « réconcilier le sensé et le sensible » (p.124). Deux espaces peuvent être exploités. D’abord, malgré les réticences de certains parents, visiter des lieux de culte permet de comparer des traditions religieuses parce que ce sont les seuls monuments qui « vivent encore leur vie intégrale » (p.129). Ensuite, les musées permettent de « déplacer les regards » en transformant le statut d’un d’objet rituel ou liturgique en objet d’art (p.134). Cette transformation dédramatise l’étude des faits religieux en « décloisonnant les univers culturels ».

  • Chapitre 5 : Voir au-delà des illustrations

Ce dernier chapitre a pour objet d’analyser le « défi de la représentation » et d’en montrer toutes les richesses pour l’éducation des jeunes. Par exemple, après avoir rappelé les rapports entre image et religion pour le judaïsme (p. 142), puis pour le christianisme (p.146), Isabelle Saint-Martin aborde le cas de l’islam (p. 152). Trop souvent associée à une religion sans image, l’auteure démontre pourtant qu’il n’interdit pas les représentations. De même, en travaillant des exemples de représentations extraites des grands textes sacrés elle éclaire certaines incompréhensions contemporaines (p.161), notamment quand elle les raccroche à leur dimension symbolique (p.168) ou rituelle comme les icônes par exemple (p.173).  Elle montre d’ailleurs comment l’interrogation sur le sacré n’est pas qu’une question religieuse mais concerne de la même manière la figuration laïque (p.182). Finalement, en abordant le religieux par les arts et leur histoire on favorise la construction de l’esprit critique des élèves. Toutefois, Isabelle Saint-Martin avertit les lecteurs de ne pas minorer les risques de conflit de loyauté qu’une telle approche peut faire émerger chez certains (p.186).

Pour Conclure : « Peut-on parler des religions à l’école ? » est le livre indispensable pour tous ceux qui s’interrogent sur les moyens de faire coexister questions religieuses et laïcité dans l’école française. En explicitant la richesse de l’entrée par les « faits religieux », Isabelle Saint-Martin montre avec brio que le pari n’est pas insurmontable. Son érudition artistique et sa maîtrise des contraintes scolaires donnent une mine de renseignements et d’idée à tous les pédagogues soucieux de se saisir de la question. L’ouvrage devrait devenir le livre de chevet de tous les étudiants du D.U. « La religion, les religions » mais aussi de tous les éducateurs de l’enseignement catholique.

Albin Michel, septembre 2019
221 pages, 18€

ÉDUCATION CATHOLIQUE : soutenir les jeunes pendant la pandémie

 

« Un esprit de collaboration intelligente et active »

 

À l’approche de Pâques, la Congrégation pour l’éducation catholique publie un communiqué dans lequel elle demande « à chacun d’apporter son soutien et sa sécurité aux enfants et aux jeunes » et à « affronter ce moment particulier » de la pandémie « avec patience et dans un esprit de collaboration intelligente et active ».

Le texte, écrit le 7 avril 2020, est signé par le cardinal Giuseppe Versaldi, préfet de la congrégation, et Mgr Angelo Vincenzo Zani, secrétaire.

La congrégation exprime un souhait que « cette crise » devienne « une occasion pour les établissements d’enseignement catholique du monde entier de confirmer le témoignage de leur identité et de leur mission en tant que communauté de foi et de charité ».

La Congrégation souhaite également « exprimer sa proximité et ses encouragements » à toutes les écoles catholiques, aux facultés ecclésiastiques et aux universités catholiques. Elle remercie en particulier les directeurs, les recteurs, les doyens, les enseignants et le personnel administratif.

« Le souhait pascal » – adressé par la congrégation à tous les fidèles – « est de renouveler notre foi dans la réalité mystérieuse de la résurrection du Fils de Dieu qui donne sens et illumine tout ».

Voici le texte du communiqué publié par la congrégation romaine en six langues, dont le français.

 

Communiqué de la Congrégation pour l’éducation catholique

Le temps que nous sommes en train de vivre, à cause de la propagation de la pandémie causée par le Covid-19, est un temps auquel nous n’étions pas préparés. Nous sommes bouleversés par cet événement traumatisant, survenu soudainement, qui crée une urgence extraordinaire. Il y a ceux qui luttent contre la mort, ceux qui luttent contre la peur, ceux qui ont perdu leur emploi et, pire encore, ceux qui ont perdu de la famille ou des amis.

 

La dimension d’inattendu et d’imprévisible a pris la place de toutes nos certitudes. Cette pandémie met en évidence les fragilités et les blessures de notre société : les pauvres, les sans-abri, les personnes âgées, les prisonniers, les déséquilibres sociaux, les égoïsmes individuels et nationaux.

 

Au cœur de ce black-out, qui a produit une rupture profonde dans notre vie ordinaire et dans la société du troisième millénaire, nous avons le devoir de ressentir à nouveau et plus profondément le sens de l’existence, de trouver le moyen de recommencer à vivre, en repartant sur de nouvelles bases, même si nous savons que ce ne sera plus comme avant.

 

Une indication claire nous est offerte par l’expérience que le Pape François nous a fait vivre par la prière du vendredi 27 mars 2020, sur la Place Saint-Pierre. Il est nécessaire de faire mémoire de l’histoire vécue par Dieu avec les hommes et les femmes, telle qu’elle est conservée par les traditions de nos peuples, comme le Pape nous l’a montré en s’arrêtant devant le Crucifix face à une place déserte, fouettée par la pluie, pour comprendre que cette mort nous a sauvés et nous a tous rendus frères.

 

De cette icône extraordinaire, qui restera dans l’histoire, jaillit l’énergie spirituelle pour répondre à la crise aux multiples visages que nous traversons. Il s’agit, en effet, de crises personnelles, de crises de relations, pour certains aussi de crises de foi parce qu’ils ressentent l’éloignement apparent de Dieu, de crises de la communauté, d’un peuple et de ses institutions, de crises de l’histoire et du monde.

 

Face à cette crise et dans l’esprit d’un Carême vécu de manière exceptionnelle cette année, il y a, pour le croyant, la lumière de la Résurrection de Pâques. La mort et la résurrection de Jésus-Christ ouvrent une perspective de vie qui ne finira jamais et qui nous permet d’envisager l’avenir avec confiance et dans une espérance fondée.

 

La Congrégation pour l’Éducation catholique souhaite exprimer sa proximité et ses encouragements à toutes les Écoles catholiques, aux Facultés ecclésiastiques et aux Universités catholiques. Elle remercie en particulier les Directeurs, les Recteurs, les Doyens, les enseignants, le personnel administratif et de service qui, au cours de ces mois, fournissent de sérieux efforts visant à garantir le déroulement des activités scolaires et universitaires, par des modalités à distance, pour assurer la continuité et la conclusion « régulière » de l’année en cours, comme cela est indiqué dans la Note de la Congrégation sur les examens et les épreuves équivalentes des Institutions universitaires ecclésiastiques (12 mars 2020).

 

L’UNESCO, considérant ces jours-ci les interventions nécessaires pour faire face aux graves situations d’urgence, a, elle aussi, fait référence à l’un des objectifs de l’Agenda 2030 pour l’éducation, qui demande de « concevoir des systèmes éducatifs plus résilients et plus réactifs aux conflits, aux troubles sociaux et aux risques naturels, et de faire en sorte que l’éducation continue à fonctionner dans les situations d’urgence, pendant les conflits et dans les périodes qui leur succèdent ». Malheureusement, la soudaineté de l’événement n’a pas laissé le temps à toutes les Institutions de se préparer adéquatement et d’assurer la continuité de leurs enseignements ou d’introduire les transformations nécessaires à l’enseignement à distance.

 

En outre, la crise provoquée par la pandémie a créé une grave situation d’urgence non seulement pour les Institutions scolaires et universitaires, mais aussi pour les familles qui, tout en poursuivant leur travail, doivent s’adapter à la nécessité d’aider leurs enfants qui étudient désormais à la maison. Toutes ne sont pas équipées d’outils informatiques appropriés ni préparées à faire face à la présence continue de leurs enfants.

 

Face à cette série de problématiques, dont la première concerne la santé et toutes les précautions à prendre pour la préserver, il convient tout d’abord de répondre aux besoins immédiats pour conclure régulièrement l’année en cours. Dans le même temps, cependant, il est nécessaire de considérer le fait que la situation actuelle pourrait se prolonger et que nous devons nous organiser pour l’avenir et être capables de discerner les opportunités que cette crise nous offre.

 

Tout en vous invitant à vous tenir au courant de ce que les Ministères compétents pour les Écoles et les Universités mettent à disposition des établissements d’enseignement de vos pays, nous demandons instamment à chacun d’apporter son soutien et sa sécurité aux enfants et aux jeunes, et d’affronter ce moment particulier avec patience et dans un esprit de collaboration intelligente et active, aussi longtemps que nécessaire.

À la communauté d’Éphèse, saint Paul écrit : « Prenez bien garde à votre conduite (…) Tirez parti du temps présent, car nous traversons des jours mauvais. (…) soyez plutôt remplis de l’Esprit Saint. (…) À tout moment et pour toutes choses, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, rendez grâce à Dieu le Père » (Ep 5, 15-20). Cette crise peut devenir une occasion pour les établissements d’enseignement catholique du monde entier de confirmer le témoignage de leur identité et de leur mission en tant que communauté de foi et de charité.

 

Avec saint Paul, nous vous invitons à renouveler votre foi dans le Ressuscité et à vivre ce temps dans une vigilance active, en faisant le meilleur usage possible des dons reçus de Dieu.

 

Le souhait pascal que nous adressons à tous est de renouveler notre foi dans la réalité mystérieuse de la résurrection du Fils de Dieu qui donne sens et illumine tout. Elle nous pousse à ouvrir nos cœurs et nos esprits à Dieu et à nos frères, avec courage et détermination, et à investir nos talents dans ce « temps présent ». Il n’est pas demandé à celui qui croit de vivre une spiritualité désincarnée et abstraite, mais d’adhérer à la réalité dans laquelle il convient d’introduire la lumière, la fraternité, la joie et la paix.

 

Joyeuses fêtes de Pâques !

 

 

Cité du Vatican, le 7 avril 2020

Cardinal Giuseppe VERSALDI, préfet

Angelo Vincenzo ZANI, archevêque titulaire de Volturno, secrétaire

AVRIL 09, 2020 00:02

 

CONFINEMENT, Message 1, 25 Mars 2020

Chers amis,

 

Nous pensons à vous ! Et on s’est dit qu’on avait envie de vous le dire ! Chacun désormais est bien conscient de la crise grave que traversent le monde et notre pays. Les référents auxquels on fait appel bien qu’il n’y ait pas de commune mesure entre eux et ce que l’on vit, sont la guerre ou la grippe espagnole. Il faut nous attendre à des difficultés encore plus grandes que celles d’aujourd’hui. Les menaces sont fortes. Il nous semble que la lucidité, qui a fait défaut au début, est une nécessité, et encore plus pour nous éducateurs.

On parle beaucoup des personnels soignants, à juste titre mais comme enseignants nous sommes des acteurs décisifs de la lutte contre cette crise. Notre rôle n’est pas médiatisé mais à travers le lien que nous avons avec les enfants, les jeunes et les familles nous contribuons grandement à permettre de continuer « à vivre au temps du coronavirus ». Car il s’agit bien de continuer à vivre !

On est engagé ensemble dans un combat contre le mal. Les moines de Tibhirine qui étaient confrontés à une violence inouïe au moment de la guerre civile algérienne, disaient que ce qui leur permettait de vivre et de juguler la peur était le rythme quotidien des choses ordinaires à faire. Probablement qu’à travers l’École par Internet, vous permettez à des enfants et des jeunes d’avoir un rythme qui aide à surmonter le confinement, les peurs conscientes ou non. Dans les situations de crise ce sont les petits gestes, les choses ordinaires qui en viennent à bout. Comme enseignant, ce n’est pas facile. La vigilance que vous avez d’habitude en présentiel est plus compliquée par écran interposé. Après une semaine, après le temps de la mise en place de nouveaux outils pour enseigner, vient celui de l‘inscription dans la durée pour un temps qui n’est pas précisé mais dont on sait qu’il sera long.

Nous participons à ce que la nation relève le défi et continue à vivre, en particulier en étant au service de cette génération plus jeune qui sortira marquée par ce moment singulier. On ne parle pas beaucoup des jeunes à cause des préoccupations sanitaires qui occupent le devant de la scène. Mais ils sont travaillés par des peurs. Nous leur apprenons aussi à traverser l’adversité, à continuer à vivre et à se tenir droit dans les tempêtes et ce n’est pas le moins important de notre place d’éducateurs.

Dans les situations de crise, se révèlent les fragilités des institutions, celles de personnes, nos propres fragilités. On peut être surpris parfois de comportements inadaptés mais il faut savoir que la crise a un effet grossissant. Il faut aussi gérer des inquiétudes qui ne sont pas toujours dites et qui peuvent générer des comportements inattendus. Probablement qu’il y a des enfants et des jeunes qui doivent aussi assumer plus qu’ils ne le devraient… Pour chacun la crise va révéler de nécessaires ajustements. Le moment venu, il sera intéressant de les nommer.

Voilà où nous en sommes… On est en train de rentrer dans le vif de la crise. On est en mode apprentissage d’une autre manière d’éduquer. On invente de nouvelles méthodes pour enseigner. On a de nouveaux liens avec les familles. Dans quelques temps, nous verrons apparaître des pousses nouvelles, des promesses pour la vie en société, pour l’école etc. Mais on n’en est pas encore là. Pour l’heure, on fait face à de l’inconnu.

Pour ceux d’entre vous qui ont suivi ou qui suivent « Initiation à la théologie », on est très exactement dans un combat contre le mal. On vous invite à relire les textes de Hans Jonas, la prière du dimanche matin d’Etty Hillesium, le texte de Simone Weil et le cours sur la déconstruction de l’idée de Dieu.

Et comme dans le département on aime la convivialité et l’humour, on vous donne une recette pour fabriquer une solution hydro-alcoolique !

On vous dit plein d’amitiés et on vous fait la bise … en distanciation of course !

 

Dominique

Christian

Sans titre

MESSAGE IMPORTANT : ANNULATION DE LA SESSION

Institut catholique de la Méditerranée

Institut de Sciences et de Théologie des Religions

Département sur les Religions à l’Ecole

 

 

Lettre aux inscrits à la session

« Nourritures et Religions »

 

Le 10 mars 2020

 

 

Chers stagiaires,

 

Vous êtes inscrits à la session sur l’enseignement du fait religieux : « Nourritures et Religions », programmée les 18, 19 et 20 mars 2020. Nous sommes au regret de vous annoncer que la session est reportée. Croyez que nous déplorons cette décision que nous avons dû prendre à cause de la situation sanitaire.

 

Bien que nous ne soyons pas dans une situation comparable à celle de nos amis italiens, la propagation du virus est exponentielle, le pic n’est pas atteint et visiblement personne ne peut prévoir quand cela se produira. Eu égard au nombre de participants : 200 personnes, à la durée de la session : 3 jours, à la promiscuité de l’amphi, à la provenance des stagiaires de l’arc méditerranéen et d’ailleurs, et bien qu’à l’heure où nous vous écrivons l’Etat ne nous en fasse pas l’obligation, nous pensons que nous n’avons pas à prendre le risque d’être éventuellement un foyer de contamination.

 

Croyez que pour nous comme pour vous c’est une grande déception. Chaque année, nous avons un immense plaisir à retrouver des visages amis, à en accueillir de nouveaux, à développer une thématique, à découvrir la richesse des interventions et la qualité humaine des intervenants, à vivre un moment de convivialité, etc. Tout ce qui fait les ingrédients habituels des sessions annuelles sur le fait religieux et de leur succès. Mais cette décision nous paraît la plus juste.

 

Tout n’est pas perdu pour autant ! La session n’est pas supprimée mais reportée. Probablement elle sera reprogrammée l’an prochain. Vous pouvez déjà retenir les dates des 17, 18, et 19 mars 2021. Mais nous vous confirmerons tout cela le moment venu.

D’ici là nous avons d’autres occasions de nous revoir. Vous recevrez prochainement le calendrier des formations et des cours prévus pour l’année prochaine.

 

Pour ceux qui sont dans un parcours validant (APS, DU fait religieux) le report de la session a des incidences. Nous reviendrons vers vous dans quelques temps pour vous entretenir de la question et faire des propositions.

 

Au-delà de la déception, nous vous souhaitons de bien vivre ce moment un peu difficile pour notre pays et pour de nombreux autres, de bien le vivre au sein des établissements, et pour vous-mêmes … une bonne santé !

 

Avec tous nos sentiments fraternels

 

Dominique Santelli

Christian Salenson

Responsables du Derre

Département sur les Religions à l’Ecole.